La culture thaïlandaise est profondément imprégnée par
le Bouddhisme theravada (dit du petit véhicule), religion officielle et pratiquée par la quasi-totalité de la population (4% de musulmans et moins de 1% de
chrétiens).
La doctrine du theravada explique comment accéder soi-même à la délivrance en devenant un arahant (personne délivrée parce qu'elle a suivi
les préceptes du Bouddha sans en avoir une compréhension illimitée et sans être capable de les enseigner), un bodhisattva (personne qui cherche absolument à devenir un bouddha pour enseigner en
pratiquant les vertus dites pāramita) ou un sambuddha (« bouddha parfait », personne qui, possédant une compréhension parfaite des enseignements du Bouddha, accède à l'éveil et
peut enseigner). Toutefois, toute la population ne se sent pas investie par la nécessité d’atteindre l’illumination et le bouddhisme populaire se structure sur une relation entre la population
laïque (sangkhom) et la communauté des moines (sangkha). La première entretien matériellement la seconde qui rend en retour des mérites d’ordre spirituels (bun) qui permettent d’améliorer
l’équilibre de son destin (karma) et d’espérer une prochaine vie meilleure dans le cycle des réincarnations.
Le bouddhisme theravada est fortement anti-théiste et rejette l'idée d'un salut obtenu par la seule dévotion
et le culte des reliques. En effet d'après le canon pāli, le Bouddha aurait dit : « On est son propre refuge, qui d'autre pourrait être le refuge » (Dhammapada, XII, 4).
Cela signifie qu'on ne peut attendre de personne l'obtention de l'illumination, il faut chercher en soi-même la vérité et pour atteindre ce but suivre le noble sentier
octuple.
On observe en parallèle une pérennité des croyances animiste (croyance ou religion s elon laquelle la nature
est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine) qui se manifestent notamment dans les cérémonies des esprits vitaux de la personnes (su khwan), dans la croyance aux amulettes
magiques et dans le culte domestique rendu aux « esprits du lieu » (chao thi) à qui sont consacrées les maisons des esprits, petits édicules, ou
autels, présents devant les habitations ou magasins, quand cela est possible et qui sont honorés régulièrement par des offrandes. Ces pratiques animistes répondent à des besoins immédiats du
quotidien, loin du souci de travailler son destin dans le temps long du cycle de réincarnations.

Origine de la croyance.
Le culte des esprits remonte aux sources de l'histoire des peuples indochinois. En Thaïlande, les phra phum (langue formelle) ou chao thi
(langue populaire) sont des génies, gardiens du sol, des champs, des arbres, des maisons, etc. Ils sont protecteurs et à ne pas confondre avec les phi, les esprits malveillants et voyageurs,
sortes de fantômes. Les chao thi (« seigneur du lieu ») sont justement chargés de tenir à distance les phi qui sans cela amèneraient malheurs et désolation dans leur
environnement.
Ainsi, pour s'assurer de la protection du chao thi, les habitants d'un lieu construisent une petite
résidence, une sorte d’autel contenant des figurines représentant les génies, devant leur maison, leur magasin, ou à la campagne devant leur rizière, afin de fixer l'esprit du lieu qui les
protègera. La petite résidence placée sur un pilier est une maison en miniature. Le culte consiste à offrir des fleurs, de l'encens et de la nourriture qui doivent rendre le chao thi
collaborateur et reconnaissant.
Cette pratique animiste ne rentre pas en conflit avec le bouddhisme, celui-ci l'a récupérée en plaçant les
chao thi à un niveau intermédiaire entre les hommes et les dieux hindous intimement mêlés au bouddhisme syncrétique theravâda et en les considérant comme des serviteurs de
Bouddha.
Brahma 
Surtout au centre de la Thaïlande, la présence d'une maison des esprits (sanphraphum) est pratiquement obligatoire pour chaque
construction privée ou publique. Elle est d'une richesse proportionnelle à la demeure qu'elle protège pour que le chao thi ne soit pas jaloux de l'humain. Dans le cas des bâtiments
importants (banques, immeubles) elle est associée à un petit temple dédié à Brahma aux quatre visages (Phrom si na). La maison des esprits doit être placée en hauteur, à l'extérieur du bâtiment,
près de la porte principale, orientée au Nord ou faute de mieux au Sud. L'ombre du bâtiment ne doit pas la toucher. On en trouve également près des grands arbres, des terrains de football... Dans
ces conditions, et avec une attention régulière en offrandes et petites prières quotidiennes, le chao thi repoussera les phi et même les voleurs.
Quand la maison est trop vieille, ou qu'une modification urbanistique modifie les propriétés, les maisons ne
doivent pas être détruites, elles sont regroupées dans des lieux isolés et abandonnés là pour ne pas laisser le génie sans demeure.
Autrefois construits artisanalement en bois à l'image de la maison thaïe traditionnelle, les autels sont
maintenant produits en série, fabriqués en ciment et prennent la forme d'une reproduction de temple.
Quelques coutumes :
Le code social des Thaïlandais obéit à des règles particulières. Même s'ils font preuve d'une rare tolérance,
ils apprécient que les étrangers se montrent respectueux de leurs habitudes.
Si jamais dans votre vie vous avez le sentiment de ne plus vous trouver dans votre environnement familier, c’est bien lorsque vous vous trouverez en
Thaïlande.
A bien des égards la culture thaïe diffère profondément de la culture occidentale. Vos précédentes
expériences de voyage à travers l’Europe ou sur le continent américain ne sauraient vous préparer à la rencontre de ces différences. La lecture d’au moins un guide de voyage avant le départ est
vivement conseillée.
Certaines différences sur le plan culturel sont si importantes qu’on se doit de les mentionner ici, bien
qu’elles soient évoquées dans tous les guides sérieux consacrés à ce pays :
Souriez. Souvent. Les Thaïlandais sourient en toutes circonstances : pour dire bonjour ou remercier, pour
présenter des excuses, pour demander quelque chose, pour exprimer toute la gamme des sentiments. Et même lorsqu’ils sont joyeux…
La vénération du peuple thaï à l'égard du roi et de sa famille est sans faille, dans toutes les couches de la
société, et tout manque de respect à son encontre, de la part de visiteurs mal informés, peut revêtir la plus grande gravité.
Manifestez votre respect pour le roi. Il ne s’agit pas d’un conseil mais d’une loi à respecter. Levez-vous lorsque retentit l’hymne national (généralement à 8 h le matin et à 18 h dans tous les
lieux publics et avant les événements officiels).
Proscrivez toute insulte ou plaisanterie à l’encontre du roi ou de la famille royale en apprenant davantage
sur l’actuel souverain, Bhumibol Adulyadej, vous serez enclin à le respecter : en plus d’un demi-siècle de règne, à la différence de tant d’autres gouvernants, il n’a eu de cesse de mener une
action positive pour améliorer la qualité de vie du peuple thaïlandais.
Portez des vêtements décents. Les Thaïlandais savent que les occidentaux se montrent en public en shorts et
débardeurs courts mais eux-mêmes ne se comporteraient jamais ainsi. Le port de pantalons longs et de vêtements corrects et propres vous vaudra le respect.
Ne faites pas le « waï » à moins que ce ne soit tout à fait à propos. Le « waï» -
le léger arc formé avec le bout des doigts avec lequel on vient toucher son visage ou sa poitrine – est un signe de salutation, un témoignage de respect ou de
remerciement.
Mais la réalité est de fait plus complexe. Si vous accordez le « waï » en retour à une personne d’un
statut social inférieur par exemple, elle peut l’interpréter comme une façon de votre part de se mettre à égalité avec elle ; vous mettrez en réalité cette personne dans l’embarras.
A moins qu’il ne soit reçu en audience par le roi, il est préférable pour un occidental de simplement sourire plutôt que de faire le « waï ».
Témoignez votre respect pour la religion, pour Bouddha et pour les moines. Ne portez ni shorts ni débardeurs
courts ou décolletés lorsque vous visitez des temples. Il est considéré comme inapproprié pour une femme de toucher un moine. Ne prenez pas de pose comique en compagnie d’un Bouddha; des
touristes ont été arrêtés pour avoir adopté un comportement aussi offensant.
Les statues étant considérées comme sacrées, il est extrêmement malséant de manquer de respect en les
touchant d'une certaine façon (ne jamais toucher la tête) ou en les traitant comme de simples objets de décoration.
Tous les temples se visitent nus pieds (comme les mosquées). On se déchausse aussi en pénétrant dans une maison thaïe.
- Ne touchez personne à la tête, endroit considéré comme sacré.
- Ne pointez pas vos pieds en direction de quelqu’un, attitude que vous pourriez adopter sans y penser assis
sur une chaise les jambes croisées ou assis sur le sol. Les pieds situés à l’extrémité opposée du corps par rapport à la tête n’ont pas le même statut.
N’utilisez vos pieds pour aucun autre usage que la marche et ne les posez pas sur un meuble.
- Les manifestations d'affection en public sont malvenues. Se tenir la main est la plus audacieuse des
conduites acceptables dans la société traditionnelle thaïe.
Exprimez-vous lentement et avec des gestes mesurés. Parler d’une voix forte, attirer l’attention sur soi,
montrer du doigt des personnes ou des objets, lancer des objets et faire de grands gestes de la main, voilà autant de situations qui heurtent le sensibilité des Thaïlandais.
En Occident, faire une scène peut éventuellement permettre d’obtenir quelque résultat ; ici elle vous vaudra d’être évité par les gens.
Ne perdez pas votre sang-froid. Toutes les difficultés se résoudront en temps voulu, plus lentement que vous
ne le souhaiteriez. Manifester de l’irritation ou de la frustration ne ferait qu’aggraver les choses.
Méfiez-vous des escroqueries. Tout ce qui est proposé gratuitement contient à coup sûr un piège : un trajet
en taxi gratuit comportera des arrêts dans des boutiques de souvenirs ou de joaillerie. Même si vous payez votre trajet certains conducteurs de taxi ou de tuk-tuk tenteront, sur cet itinéraire,
de vous amener dans certains magasins dans lesquels ils sont assurés de toucher une commission.
N’importe quel joaillier pourvu d’un poinçon peut vendre des bijoux avec un certificat d’authenticité. Ne
soyez pas paranoïaque mais demeurez vigilant.