Histoire de la Thaïlande (2/2)

1963 A 1980 REMOUS ET REPRESSION.

 

De 1963 à 1974, le pays était gouverné par les Généraux THANOM KITTIKACHORN et PRAPHAT CHARUSATHIEN, qui autorisaient les Etats-Unis à implanter des bases militaires d'appui à la guerre du Viêt-nam, dont plusieurs dans la région d'UDON THANI, au total 7 bases aériennes et 45 000 hommes.


En JUIN 1973, en réaction à la répression politique, 10 000 étudiants demandaient une véritable constitution ; en octobre, les militaires réprimaient brutalement une manifestation à l'université THAMMASAT à Bangkok, mais le général KRIT SIVARA et le roi, refusèrent de soutenir la répression ; THANOM et PRAPHAT durent quitter le pays.

Le roi nommait un civil à la tête du nouveau gouvernement. Mais la nouvelle constitution, proclamée en 1974 n'apportait pas les résultats souhaités. Aux troubles de 1974, succédait l'opposition de la nouvelle assemblée, élue en 1975, à l'orientation démocratique du gouvernement.


Le pays devenait ingouvernable, la confusion était à son comble et les émeutes opposant la droite aux étudiants redoublaient de violence. L'armée jugeait que l'expérience avait assez duré et reprenait le pouvoir en 1976.
Tout rentrait dans l'ordre : les syndicats étaient dissous, le droit de grève supprimé et la censure rétablie. Une nouvelle constitution, la 10éme était proclamée.

 

THANIN KRAIVICHIEN devenait premier ministre.


En 1977, THANIN était remplacé par le général KRIANGSAK CHOMANAND, plus modéré.

 

1980 STABILITE ET ESSOR ECONOMIQUE.

 

En 1980, le nouveau premier ministre, PREM TINSULANONDA parvenait à stabiliser la politique et l'économie Thaïlandaise.
Il démantelait les groupes d'insurgés communistes grâce à une efficace combinaison d'amnistie et d'action militaire.


Parallèlement, il engageait le pays vers une démocratisation qui permettait l'élection en 1988 de son successeur CHATICHAI CHOONHAVAN. Environ 60% du gouvernement était constitué d'anciens hommes d'affaires et non d'ex-officiers. La Thaïlande entrait dans une nouvelle ère ou la croissance allait de paire avec la démocratisation.
Cependant les militaires de haut rang commençaient à manifester leur désapprobation, se plaignant que la Thaïlande était devenue une ploutocratie.

 

1991 RETOUR DES MILITAIRES .

 

Le 23 FEVRIER 1991, les militaires renversaient le gouvernement CHATICHAI et cédaient le pouvoir au CONSEIL NATIONAL DE MAINTIEN DE LA PAIX (NPKC), conduit par le général SUCHINDA KRAPRAYOON .
Le NPKC abolissait la Constitution de 1978 et le parlement ; la liberté de réunion fut restreinte, mais la presse ne fut suspendue qu'un seul jour.


Le NPKC nommait un premier ministre civil ANAND PANYARACHUN, ancien ambassadeur.


En 1991, l'Assemblée nationale votait une nouvelle Constitution qui garantissait la suprématie du NPKC au parlement avec 270 sénateurs choisis par le pouvoir et 360 députés élus. Ce nouveau texte incluait une clause provisionnelle autorisant une période transitoire de quatre ans avant le retour à la pleine démocratie.

En MARS 1992, les élections générales débouchaient sur un gouvernement de coalition de cinq partis, dirigé par NARONG WONGWAN. Le bruit courait qu'il était impliqué dans un trafic de drogue, les militaires exercèrent leur prérogative constitutionnelle et le remplaçaient par le général SUCHINDA.

 

 

En 1992 plusieurs manifestations réclamant le départ de SUCHINDA secouèrent Bangkok et la province.

 

 

Après que de violents affrontements entre manifestants et militaires près du monument à la démocratie de Bangkok eurent fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, SUCHINDA démissionnait. Le gouvernement, soutenu par l'armée, dut aussi accepter un amendement constitutionnel exigeant que le premier ministre soit choisi parmi les députés élus. ....

 

L'ARMEE ET LA POLITIQUE.

 

L'armée Thaïe a toujours joué un rôle prépondérant dans la politique intérieure du pays. Elle est à l'origine du coup d'Etat de 1932, qui a renversé la monarchie absolue, puis, elle a imposé ses vues par 19 coups d'Etats.
Ces coups de forces, sans effusion de sang, appelés en Thaï « Patiwat », n'ont rien de similaire avec ceux des états d'Amérique du sud ou d'Afrique. De manière générale, ils n'inquiètent pas les milieux d'affaires : à la suite du coup d'Etat du 23 février 1991, la bourse de Bangkok plongeait de 7,3%, pour remonter le lendemain à 5,7%.
De plus, ces coups d'Etats n'ont pu réussir que sous réserve de neutralité du Roi. En 1991 les généraux ont faxé le projet de la nouvelle constitution au Roi qui l'a renvoyé après modification.


Les généraux de l'armée de terre sont politiquement en position dominante depuis 1932 et sont divisés en « classe » correspondant aux promotions de l'académie royale militaire de CHULACHOMKLAO.
De 1970 à 1991, c'était la classe 1 (celle de CHAWALIT) qui était au sommet de l'appareil politique. En 1981, c'est la classe 5 (celle de SUCHINDA), qui a mise à l'écart les plus jeunes de la classe 7 « jeunes Turcs) dont fait parti le charismatique général CHAMLONG, ex-gouverneur de Bangkok.


A la suite des événements de 1991 - 1992, les généraux eux-mêmes, jugeaient nécessaires de limiter le rôle de l'armée dans les affaires publiques.


Le général VIMOL WONGWANICH, en 1992, commandant en Chef de l'armée, a remanié l'état major, de façon à désamorcer la « classe 5 » et n'a pas hésité à qualifier les coups d'Etats obsolète.

 

1992 - 1997 STABILITE ET ELECTIONS LIBRES.

 

CHUAN LEEKPAI, chef du parti démocrate, arrivait en tête des élections et était nommé premier ministre d'un gouvernement de coalition démocratique.
CHUAN LEEKPAÏ, avocat d'origine sociale modeste est connu pour son honnêteté tout au long des 28 années de sa carrière politique.
Le 7 JUILLET 1995, était élu BANHARN SILPA-ARCHA, qui formait un gouvernement de coalition. Aux élections du 25 novembre 1996, le NEW ASPIRATION PARTY du Général CHAWALIT YONGCHAIYUDH remportait les élections d'une courte tête.

 

LES PARTIS POLITIQUES

De 1988 à 1997, la Thaïlande a compté plus de 20 partis politiques que l'on peut classer en deux groupes, ceux dirigés par des civils et ceux dirigés par des militaires :

LES PARTIS DIRIGES PAR DES CIVILS

LE PARTI DEMOCRATE, fondé en 1946 et dirigé par CHUAN LEEKPAI, juriste.

PARTI DE L'ACTION SOCIAL (SAP), fondé en 1974 par KUKRIT PRAMOJ et dirigé par MONTRI PONGPANICH.

LE SOLIDARITE THAI, fondé en 1981 et dirigé par SAMAK SUNDARAVEJ.

PRACHAKORN THAI, fondé en 1981 par SAMAK SUNDARAVEJ.

SERITHAM, fondé en 1992 par ARTHIT URAIRATA.

LES PARTIS DIRIGES PAR DES MILITAIRES

NEW ASPIRATION PARTI (NAP), crée en 1990 par le général CHAWALIT YONGCHAIYUDH.

CHART PATANA, crée en 1992 par CHATICHAI CHOONHAVAN.

CHART THAI, crée en 1981 et dirigé par le maréchal de l'air SOMBOON RAHONG , ex-président de la Thaï Airways, puis par BANHARN SILPA-ARCHA.

PALANG DHARMA, crée en 1988 et dirigé par le général CHAMLONG SRIMUANG, l'ex-gouverneur de Bangkok., qui a servi dans les forces spéciales au Laos et au Viêt-nam.

MUAN CHON PARTY, dirigé par le capitaine de police CHALERM YOOBAMRUNG.

RASSADORN PARTY, dirigé par le général TIENCHAI SIRISUMPAN.

LE SAMAKHI THAM, fondé en 1991 et dissous en juin 1992 à la suite des émeutes.

PUANGCHON CHAO THAI, fondé en 1988 et dissous en 1992.

 

1996/1997 CHAWALIT YONGCHAIYUDH .

 

Le New Aspiration Parti (N.A.P), du Général CHAWALIT YONGCHAIYUDH, remportait les élections du 25 novembre 1996.
Il formait un gouvernement de coalition de six partis disposant de 221 sièges sur les 393 de la chambre basse.


Le N.A.P remportait 125 sièges.
Le CHART PATTANA 52.
Le PARTI DE L'ACTION SOCIAL 20.
Le PRACHAKORN THAI 18.
Le SERITHAM 4.
Le MUAN CHON 2.

 

Le PARTI DEMOCRATE de l'ancien Premier ministre CHUAN LEEKPAI n’avait obtenu que 123 sièges soit 2 de moins que le N.A.P.

 

Le Général Chawalit Yongchaiyudh, âgé de 55 ans est un ancien élève de l'Académie militaire royale de Thaïlande. Il a été formé aux Etats-Unis avant de faire carrière et d'être nommé commandant suprême des forces armées en 1986.


Il est le fondateur du parti du Nouvel Espoir (NAP), implanté en zone rurale et il a déjà occupé les postes de Ministre de l'intérieur et de l'agriculture dans trois gouvernements civils.
Six mois après sa nomination, la Thaïlande subissait une crise économique sans précédent. Le baht chutait de 40%, passant sous la barre des 40 bahts pour un dollar (7 bahts = 1 Franc).
La Thaïlande n'était pas le seul pays à connaître une récession, tout le Sud-Est asiatique était touché y compris Hongkong dont la bourse perdait en une seule journée 30%.


La Fond Monétaire International (FMI) consentait à un prêt de 17,2 milliards de dollars pour soutenir les liquidités et les réserves du pays, sous condition que la Thaïlande prenne des dispositions économiques draconiennes.
Accusé par les médias et la classe moyenne de tous les maux du pays, Chawalit démissionnait le 6 novembre 1997, après avoir fait voter une nouvelle constitution, la 16éme en 65 ans de démocratie constitutionnelle et la première à avoir été élaborée avec la participation de la population.

 

La crise politique dégénérait avec deux coalitions rivales (le Général Chatichai Choonhavan du Chart Patana et Chuan Likphai du parti démocrate), revendiquant le pouvoir dans la confusion la plus totale.
Le Roi en tombait malade et devait être hospitalisé pour des troubles cardiaques.
Le baht s'affaiblissait de nouveau et la bourse reculait de 2,2%.

 

1997-2001 CHUAN LEEKPAI.

 

Le 9 novembre 1997 était nommé Premier ministre, le leader du parti Démocrate Chuan Leekpai.

Il formait un gouvernement de coalition de huit partis disposant de 210 sièges sur les 393 de la chambre basse.

 

Le PARTI DEMOCRATE remportait 123 sièges.
Le CHART THAI 39.
Le PARTI DE L'ACTION SOCIAL 20.
Le PRACHAKORN THAI 14.
Le SOLIDARITE THAI 8.
Le SERITHAM 4.Le PALANG DHARMA 1.
Le THAI PARTI 1.

 

Agé de 59 ans, Chuan Leekpai est un avocat d'origine sociale modeste.


Chuan est l'un des dirigeants politiques les plus expérimentés de Thaïlande, à la fois comme chef de gouvernement et de l'opposition. Il est connu pour être un homme de consensus, discret et intègre, qui détient le record de longévité pour un premier ministre élu.

 

LE PREMIER MINISTRE THAKSIN SHINAWATRA.

 

Le 9 février 2001 était nommé 23ème chef du gouvernement depuis l'avènement de la monarchie constitutionnelle (1932), le leader du parti Thai Rak Thai ("Les Thaïs aiment les Thaïs"), M. Thaksin Shinawatra.

 

Son parti a manqué la majorité absolue d'extrême justesse, en remportant 248 sièges. Une performance historique, le score le plus important jamais réalisé par un parti politique en Thaïlande. Thaksin dispose d'une majorité gouvernementale confortable de 325 députés. Car il s'est assuré l'appoint de deux partis pour former sa coalition gouvernementale: le Parti du New Aspiration du Général Chavalit (NA, 36 députés) et le Parti de la Nation Thaïlandaise (Chart Thai, 41 députés).

 

Thaksin Shinawatra est né le 26 juillet 1949 dans la province de Chiang Mai (nord), d'une famille bourgeoise. Il a trois enfants, un fils Panthongtae et deux filles, Paethongtarn et Pinthongta.Il a été policier en 1973 puis il a obtenu un doctorat dans la justice criminelle aux Etats-Unis. Il a démissionné de la police en 1987 pour se lancer dans les affaires.

 

Il a commencé à faire fortune en obtenant le monopole de la vente d'ordinateurs aux entreprises d'Etat dans les années 80. Après l'informatique, il s'est lancé dans les télécoms. Il a créé le groupe Shinawatra (services de téléphonie portable et communications satellitaires) qui détient une bonne part des franchises gouvernementales pour opérer dans le secteur. En 1990, l'Autorité Téléphonique de Thaïlande lui a accordé une concession exclusive de 20 ans pour faire fonctionner un service de téléphones portables.

 

ELECTION DU 6 FEVRIER 2005.

 

Le 6 février 2005, le Premier ministre Thaksin Shinawatra était triomphalement réélu. Son parti, Thai Rak Thai remportait la grande majorité des sièges de l'assemblée nationale pour la seconde fois consécutive avec 376 sièges sur 500. Cette victoire électorale sans précédent dans l'histoire de la démocratie thaïlandaise lui permettait de former seul le gouvernement, une première pour un pays habitué aux coalitions.

RESULTATS DES PRINCIPAUX PARTIS.

Nombre de voies

Thai Rak Thai 18.993.073 voix
Prachathipat 7.210.742 voix
Charthai 2.061.559 voix
Total des voix = 28.265.374

Pourcentage

Calcul en pourcentage Thai Rak Thai : 67 %
Calcul en pourcentage Prachathipat : 26%
Calcul en pourcentage Chartthai : 7%

Nombre de députés

Thai Rak Thai 309 + 67 = 376 députés
Prachathipat 71 + 26 = 97 députés
Chartthai 18 + 7 = 25 députés
Mahachon 2 + 0 = 2 députés
Total des députés : 500

 

2006 : Elections législatives en Thaïlande sur fond de crise politique.

 

BANGKOK - Les Thaïlandais sont appelés aux urnes pour des élections législatives anticipées, qui, au lieu de sortir leur pays de la crise politique conformément aux espoirs du Premier ministre Thaksin Shinawatra, pourraient le plonger dans une impasse institutionnelle.

 

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 08h00 (01h00 GMT) à quelque 45 millions d'électeurs. Ils fermeront à 15h00 (08h00 GMT).

 

En raison de l'appel au boycott lancé par l'opposition, Thaksin a transformé ce scrutin en référendum, promettant de démissionner si son partiremporte moins de 50% des suffrages.

 

Cette perspective paraît peu probable tant il jouit d'un fort soutien dans les campagnes, qui bénéficient de subventions et d'un système de santé bon marché depuis que Thaksin a pris la tête du gouvernement en 2001.

Le boycott de l'opposition devrait cependant empêcher les élections de répondre à tous les critères de constitutionnalité, notamment à celui qui impose l'élection des 500 députés avant la formation du prochain gouvernement.

 

Thaïlande: le 1er ministre Thaksin annonce son retrait le 05.04.2006

 

Le premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra a annoncé son "retrait" du pouvoir. L'intérim sera assuré par le vice-premier ministre Chidchai Vanasatudya, mais le chef du gouvernement pourrait, "si nécessaire", reprendre son poste.


"Je me mets en retrait pour l'instant", a déclaré M. Thaksin après avoir présidé une réunion du gouvernement. Il a précisé qu'il resterait en Thaïlande et qu'il se rendrait probablement à Chiang Mai, sa ville natale, dans le nord du pays.

"Le Premier ministre Thaksin ne reviendra pas au siège du gouvernement parce qu'il veut se reposer et ne souhaite pas alimenter un sentiment de malaise parmi les partis", a déclaré son porte-parole, Surapong Suebwonglee. Ce dernier a toutefois déclaré que le premier ministre pourrait, si nécessaire, reprendre les rênes du gouvernement.

Après cette réunion, M. Thaksin s'est rendu au siège de son parti, le Thai Rak Thai (TRT, les Thaïs aiment les Thaïs"), où des milliers de partisans l'ont salué en héros. Je vous supplie de penser au coeur du pays, c'est-à-dire le roi", a déclaré M. Thaksin. "Je ne veux pas que le sang coule".

M. Thaksin avait annoncé mardi soir qu'il démissionnerait quand le Parlement issu des élections législatives anticipées de dimanche se réunirait. Ce scrutin avait été boycotté par l'opposition, qui accuse le premier ministre d'abus de pouvoir et de corruption et qui réclamait sa démission pure et simple.

Malgré son départ, les trois principales formations de l'opposition ont mis fin à tout espoir d'une issue rapide à la crise. Elles ont annoncé qu'elles ne présenteraient aucun candidat lors du scrutin du 23 avril visant à pourvoir les sièges inoccupés après les législatives.


Leur décision signifie que les 39 circonscriptions dans lesquelles l'élection a été invalidée parce que les candidats du parti de M. Thaksin n'ont pas obtenu au minimum 20% des voix requises vont très probablement connaître le même scénario le 23 avril.

Le parti de M. Thaksin a remporté près de 56% des suffrages exprimés aux législatives de dimanche, selon des résultats quasi-définitifs annoncés par la Commission électorale.

Quelque 37% des électeurs ont voté blanc ou ont abimé leur bulletin en signe de protestation. La participation à ces élections anticipées s'est élevée à 64%, a précisé la Commission. (ATS)

Thaïlande : sortie de crise Le 06/04/2006.

 

Deux mois de manifestations massives et des élections législatives marquées par un taux record d’abstention auront eu raison de leur revendication : Thaksin Shinawara a annoncé sa démission. Alors qu’il semblait vouloir se battre corps et âme pour rester au pouvoir, Thaskin Shinawatra vient de tomber. Une entrevue avec le Roi Bhumibol Adulyadej, qui, à quelques mois de son 60 ème anniversaire de règne ne souhaite pas écorner son immense popularité, aura finalement conduit cet homme d’affaires converti à la politique à jeter l’éponge.

 

Cette déclaration intervient dans un climat politique délicat. L’homme soumis à la controverse depuis plusieurs semaines semble échouer là où  bon nombre de Thaïlandais l’attendait au tournant. Accusé de corruptions et de malversations, il avait perdu la confiance d’une partie de ses électeurs. Bénéficiant d’une image de marque dans les campagnes, il était traité, par les classes moyennes et les diplômés des villes, de « capitaliste sans scrupules », accusé de piller l’économie de son pays et le menant comme une véritable entreprise, avec, en toile de fond, la recherche de toujours plus de profits. Une affaire retentissante avait sonné le coup de glas en janvier dernier, lors de la cession d’actions de sa société de télécoms Shin Corp, au profit d’un consortium singapourien. Ces ventes, estimées à 1,5 milliards d’euros, auraient été illégalement exonérées d’impôts.

 

Si Thaksin Shinawatra a maintes fois réussi à tirer son épingle du jeu, il semblerait bien qu’il doive à présent se résoudre à tourner la page. Le gouvernement en intérim vient d’ores et déjà d’être confié au vice-premier ministre Chidchai, sur ordre du Roi. Prudence toutefois, l’ex chef du gouvernement n’est pas homme à passer aisément la main selon certains opposants. L’irréductible à la poigne de fer pourrait bien encore faire parler de lui dans un proche avenir.

 
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